L'Association de Réflexion et de Recherche Clinique en Psychomotricité de Lyon et sa Région vise à promouvoir la recherche clinique en psychomotricité par divers moyens notamment : l’organisation de séminaires, colloques, groupes de réflexion. Soutenir des projets individuels ou collectifs de recherche sur la clinique psychomotrice, favoriser et/ou rechercher la collaboration avec des structures à même d’apporter une contribution directe ou indirecte au but poursuivi par l’association et tout particulièrement avec l’Institut de Formation en Psychomotricité de Lyon.
Elle s’adresse à tout psychomotricien désireux d’engager un travail d’approfondissement théorico-clinique, quel que soit son champ d’exercice professionnel ou son référentiel théorique et clinique.
Susciter les échanges, favoriser le débat entre psychomotriciens, soutenir la réflexion et la recherche à propos de la pratique, telles sont les ambitions de l’ARRCP Lyon et région. Dans cet objectif, l’association mise sur l’engagement de ses membres dans une démarche qui consiste à se confronter aux difficultés et aux doutes rencontrés dans la clinique, à approfondir ses intuitions cliniques, à les arrimer à des concepts théoriques, à transmettre et discuter les résultats de ses travaux.

lundi 25 mars 2019

Café Psychomot' - Mardi 9 avril 2019 - 19h45



                        Pour clore cette saison sur le thème du féminin en psychomotricité, Lucie Thomas viendra nous parler d’adolescentes en mal d’habiter un corps au devenir féminin et adulte. 
Nous nous retrouverons le mardi 9 avril 2019 à 19h45,  au café de la Cloche.

Pour soutenir la réflexion, nous vous invitons à lire l’article de Claire Bertin "Se former - Se déformer - Se transformer, rencontre avec Barbara une adolescente boulimique", publié dans la revue THERAPIE PSYCHOMOTRICE et recherches n°171-2012 .

Le nombre de place étant limité, n’oubliez pas de vous pré-inscrire  à l’adresse suivante : arrcplyon@gmail.com avant le 7 avril.

Sur place, nous vous demandons de prendre une consommation (payée au bar) et de vous acquitter des 5 euros de participation auprès de notre trésorier.

Pour l'ARRCP, Natacha Vignon et Lison Gilardot

lundi 25 février 2019

Un aperçu du Café Psychomot' du 05 février 2019



C'est un café psychomot' itinérant qui nous a fait nous retrouver, nombreux, mardi 5 février, au Comptoir de Béline, qui a bien voulu nous recevoir en dernière minute.

Sabine Fritis Arcaya nous y raconte avec images, détails et précisions dans sa clinique, son travail dans son cabinet libéral auprès de femmes en difficultés pour devenir mères.

Nous l'écoutons, nous parler de ce qui, pour elle, fait l'objet de ses thérapies psychomotrices. Sabine, avec humour et sérieux nous dit d'emblée qu'elle ne se situe pas dans une compréhension psychoaffective de l'infertilité et qu'elle reste prudente avec les théories psychologiques et le classique « Vous avez un problème avec votre mère ».

Quand un projet de bébé est en panne, le mythe ou la légende se place pour tenter de comprendre. Trouver un coupable. Pour ces femmes, soi même est le coupable idéal. L'entourage vient souvent  donner son explication en voulant aider. Dans un article publié en 2012 dans Thérapie Psychomotrices et Recherches, elle écrit de manière théâtralisée, tel un dialogue, les mots mis par l'entourage. - tu y penses trop – finis ta maison et ça viendra- etc...
Pour Sabine la fertilité est une histoire multiple, mélange de physiologie, d'anatomie et de contextes personnels.
Se mêlent pour la femme identité, maternité et féminité, tout comme chez l'homme identité, masculinité et virilité.
Elle nous rappelle que pour ces femmes qui arrivent dans son cabinet, rien ne compte plus que l'enfant absent quand on est une femme au ventre vide. Il y a beaucoup de solitude et de souffrance.
Les traitements de PMA sont lourds et ont de nombreux effets secondaires corporels (tension, mal de dos, mal digestif, troubles de l'appétit...). Le corps devient objet de soin de la science. Les espoirs alternent avec les désespoirs.
La thérapie psychomotrice permet d'accompagner cette période de vie qui malmène ces femmes, ces couples.
Sabine précise d'emblée l'objet du travail, à savoir : « retrouver des ressources en soi et se réapproprier son corps et ses projets » pour ne pas participer de l'espoir (et du désespoir) et permettre à ses patientes de faire un pas de côté par rapport à l'attente de tomber enceintes.
Son cadre est fait d'un temps de parole et de mise en situation corporelle. Elle peut recevoir les patientes en individuel, petit groupe et parfois en couple.
Sabine possède dans sa boîte de nombreux outils : travail sur l'axe, sur la régulation tonique (Feldenkreis, Eutonie), sur les manifestations émotionnelles (relaxation, empaquetage, mise en trace par la terre, le dessin), sur l'espace (conscience de la proxémie), sur la relation au corps de l'autre (se poser, s'opposer, défendre son territoire), sur le schéma corporel , la prise de conscience de la cage thoracique et du bassin (mouvements, cycles, rythmes), sur la créativité (danse, travail vocal, peinture).
Elle peut utiliser des planches anatomiques, des images pour aider à se faire des repères avant qu'au fil du temps, le travail s'affine et aille vers un schéma corporel plus intime.
Depuis peu, elle a rajouté l'hypnose dans sa boîte à outils.

Toutes ces expériences corporelles visent à proposer un temps pour soi, pour s'accepter, rire, à ces femmes qui se trouvent dans une période de discontinuité de leurs différentes identités (elle, la petite fille en elle, la femme, la femme de).
Sabine nous rappelle encore que pour ces femmes, c'est déjà tout un programme de s'occuper de soi et le parcours de l'infertilité est souvent celui du combattant.
L'article qu'elle nous a proposé en lecture permet de se rendre compte de toutes les étapes allant du traitement de stimulation ovarienne, à la réimplantation des embryons pour la FIV, en passant par l’insémination artificielle. Avec humour, et il en faut bien, Sabine nous refait le parcours.

Cela donnera lieu à des premiers échanges avec les participants du café :
Des questions/échanges sur le nombre de FIV autorisées en France (4 remboursées jusqu'au 43ème anniversaire seulement).
Des questions sur les consultations des hommes infertiles, qui auraient moins besoin d'aller voir quelqu'un.
Des questions sur la législation qui cadre la PMA et les éthiques des lieux de soins qui prônent de plus en plus la réimplantation d'un seul embryon.
Les échanges seront multiples sur les procédés de la PMA, la GPA, l'éthique, la législation, le cadre de soin psychomoteur, l'élite des gynécologues (« ceux qui donnent la vie ») et leurs idéaux de réussite, le gros travail de Sabine quand elle s'est installée pour aller à la rencontre des gynécologues et se faire connaître et reconnaître...

Le temps file et Sabine passe à la clinique d'une de ces patientes, qu'elle nomme Annabelle.
Annabelle arrive au cabinet. C'est  une collègue de collègue.
Elle a déjà eu des traitements de stimulation ovarienne et des FIV.
Elle veut « mettre un coup de pied dans la fourmilière mais pas dans son entourage ».
Sabine comprend assez vite qu'Annabelle prend beaucoup de choses en charge. Elle décrit des sentiments de peur et de dégoût dans sa sexualité et fait des demandes paradoxales à son conjoint.
Elle a une représentation : la maternité lui est essentielle pour se sentir femme.
Sabine parcoure avec nous son carnet de notes des différentes et nombreuses expérimentations qu'elle aura proposées à Annabelle.
On est plongés au cœur du travail psychomoteur :
*travail sur le tonus, des exercices sophrodynamiques, auto-massages
*situations de relaxation/régression pour qu'elle puisse se laisser aller à être dans les mains de l'autre
*travail du bassin (l'horloge de Feldenkreis)
A ce moment là de la thérapie, la question du dégoût dans la sexualité se parle et Annabelle associe avec un petit garçon dont la sœur était morte et dont la mère  était la nounou d'Annabelle.
Elle parle à Sabine d'un trouble qu'elle ressent dans son corps quand elle recroise maintenant cet homme (le petit garçon de son souvenir).
Sabine propose alors un travail qu'elle qualifie avec nous de plus théorique sur les mécanismes de défense, l'analyse transactionnelle, la communication non violente pour fournir à Annabelle des appuis pour élaborer et des aides pour formuler avec moins de virulence ses ressentis à son entourage.
*la colère peut arriver dans les séances et le travail corporel s'oriente sur la défense du territoire.
On voit bien dans la présentation de Sabine qu'elle essaie de rencontrer cette patiente par des aspects bien différents et qu'elle lui fait des propositions au plus près de ce qu'elle perçoit.
Jusqu'à un travail « de fin de thérapie » qui consiste, à l'aide de l'image des pourcentages de proposer un exercice corporel où Sabine s'occupe d'Annabelle à 100%, puis elles sont à 50/50 pour arriver à « tu n'as plus besoin de moi ».
Le travail d'hypnose qui clôture la thérapie sera une sphère contenant tout ce qui aura été travaillé.
Dans toute cette histoire Annabelle sera tombée enceinte, aura fait une fausse couche, sera allée se faire implanter en Espagne ce qui n'aura pas fonctionné.

Nous n'aurons pas le temps pour une deuxième situation clinique afin de permettre des échanges et réflexions avec les participants.
Je dis à Sabine que tout ce qu'elle évoque me fait penser à une transmission du féminin, par le jeu de l'identification.
Emmanuelle met en avant l'impression d'une parole qui vient se découvrir et Sabine de souligner l'articulation entre s'éprouver, se ressentir et se penser.
Cécile pointe qu'à cette thématique de la fertilité est associée celle de la sexualité et que ça n'est probablement pas si simple de venir bousculer ces défenses là quand, dans le fantasme, c'est le corps médical qui viendrait enfanter le corps de ces femmes.
Sabine nous dit aussi que pendant sa thérapie psychomotrice, Annabelle a aussi quitté son travail de secrétaire médicale, qui la faisait se sentir le larbin de l'autre, pour entamer une formation de management. Elle est devenue le bras droit d'un associé, mobilisant une part plus active, moins subie et plus forte d'elle.
La place de la créativité pour sublimer, transformer est aussi reprise par une participante dont je n'ai pas le prénom (pardon). Sabine précise que cela n'est pas énoncé car ces femmes sont souvent déjà beaucoup blessées par des images, des métaphores sur la création du genre « c'est ton bébé cette maison »
Martin se dit impressionné par la description de Sabine de son travail de psychomotricité. Il la questionne sur l'aspect psychothérapique de son approche et sur les réaménagements des défenses qui amèneraient les patientes à agir, à changer des choses dans leur vie.
Une conflictualité saine s'ouvre dans nos échanges entre ce qui est mobilisé en thérapie et ce que le patient décidera d'en faire qui ne nous appartient pas.
Sabine rappelle que c'est inscrit d'emblée dans son cadre « vous venez faire une thérapie psychomotrice ». « Il y a donc à contenir et à garder la tête tiède ».

Un grand merci à Sabine pour la qualité de son intervention, au « Comptoir de Béline » pour son soutien et sa curiosité pour notre soirée et nos échanges, ainsi qu'à tous les participant-e-s.


Natacha Vignon pour l'ARRCP

mercredi 16 janvier 2019

Café Psychomot' - Mardi 5 février 2019 - 19h45


Pour ce deuxième Café Psychomot’ de la saison sur le thème du féminin en psychomotricité, nous accueillons Sabine Fritis Arcaya, qui nous parlera de sa clinique en libéral, auprès de femmes en difficulté pour devenir mères.

Nous vous attendons donc mardi 5 février à 19h45 au Café de la Cloche
4 rue de la Charité 69002 Lyon.

Lors de votre inscription, nous pourrons vous envoyer le texte « Entre Filiations et Perspectives - Difficultés de fertilité et psychomotricité », d’Anne-Marie Salamin Marard, que Sabine nous conseille comme support à la réflexion.

Nous vous invitons à bien vous pré-inscrire par mail à arrcplyon@gmail.com avant le 1er février dernier délai. En effet les places sont limitées !

Sur place, nous vous demandons de prendre une consommation (payée au bar) et de vous acquitter des 5€ de participation auprès de notre trésorier.

En attendant de vous retrouver nombreux, nous vous souhaitons une belle année, riche de partage, d’échanges et de créativité.

Pour l'ARRCP, 
Natacha Vignon et Lison Gilardot

vendredi 4 janvier 2019

Un aperçu du Café Psychomot' du 6 Novembre 2018


            
                   C'est Céline Alcaraz que nous accueillons pour ce premier Café Psychomot ' de la saison autour du thème du féminin en psychomotricité. Céline travaille dans une unité de périnatalité au sein de l'HFME, elle exerce aussi en service de pédopsychiatrie et est formatrice à l'école de psychomotricité de Lyon. Elle est également diplômée de la Tavistock Clinic (observation Ester Bick).
            Céline commence son intervention en nous expliquant comment elle a préparé cette intervention. Elle qui travaille auprès des bébés, a été un peu prise au dépourvu lorsque nous lui avons proposé d'évoquer la question du féminin et du maternel. Elle s'est alors questionnée de façon plus imagée sur son travail avec les patientes, elle pense à quelques-unes mais celles-ci ne lui évoquent pas vraiment la question du féminin. Elle décide alors de prendre l'axe du maternel. Pour cela elle part du couple qui est soutien des fonctions maternelle et paternelle, il est aussi l'articulation entre l'érotique, le narcissique et le parental. La bi-parentalité psychique est intériorisée dans les appuis corporels et toniques que sont les appuis parentaux. Le père représenterait les appuis toniques alors que la mère serait plutôt un appui malléable et contenant.
            Céline évoque ensuite la question du féminin infantile qui serait de s'en remettre à l'autre. Elle nous parle de la « dette de vie », concept développé par Bydowski. La femme aurait une dette envers le monde qui serait de donner la vie comme sa mère avant elle. L'image qui nous vient lorsque l'on parle du maternel, de la maternité est celle du soin et de la tendresse. Ces deux concepts de la dette de vie et du maternel ne sont pas toujours simples à dépasser pour les femmes, nouvellement mamans, que Céline rencontre dans sa pratique.


            Céline nous fait ensuite part de deux vignettes cliniques vécues au sein de son unité de suite de couche de l'HFME. C'est une unité de quatre lits dans laquelle sont accueillies des femmes connues du service pour diverses raisons : troubles psychiques, accidents de vie, trauma périnataux, troubles anxieux... L'équipe à laquelle elle appartient est une équipe pluridisciplinaire composée notamment d'infirmières qui travaillent parallèlement en pédopsychiatrie.
            Céline mène des ateliers en binôme, notamment un atelier Peau à peau en présence dans lequel il est question de faire un lien sensoriel entre la mère et son enfant pour qu'elle le ressente comme étant le sien. Cet atelier est le lieu de l'expression des premiers ressentis et d'un nourrissage proprioceptif pour la mère. Les soignantes qui interviennent portent une attention très particulière à leurs sensations propres. Céline nous interpelle aussi sur la vision qu'elle a dans ces ateliers des corps dénudés des patientes qu'elle rencontre. Elle nous explique que le corps dénudé d'une mère n'est pas le même que celui d'une femme, les enjeux et les positionnements ne sont pas les mêmes. Ces distinctions sont parfois très difficiles face aux femmes qu'elle rencontre.

            Pablo : Mme E a 42 deux ans et est primipare. La grand-mère de Pablo est décrite comme étant tyrannique. Lorsque Céline arrive dans la chambre, le bain de Pablo a déjà eu lieu, elle ne sait pas trop quoi faire, elle se sent comme « un chien dans un jeu de quille ». Mme E lui dit « vous venez pour le bib' ». Elle vient effectivement accompagner un temps de nourrissage pour Pablo qui ne parvient pas à prendre ses biberons. Céline passe un moment à chercher Pablo, elle se prend les pieds dans les chaussures de Mme. Elle nous explique que le corps de Mme est tout en angles, elle est très mince et n'a aucun mouvement de rotation. Mme dit que son bébé lui prend trop de temps, qu'elle souhaiterait rentrer chez elle. Finalement Céline s’aperçoit que Pablo dort dans son berceau. Mme E lui dit qu'elle ne comprend pas pourquoi il n'arrive pas à téter, il pousse la tétine du bout de sa langue.
Mme s'installe pour donner le biberon à Pablo, Céline propose de mettre un coussin autour de Mme et de son bébé et se place derrière eux. Pablo, contenu dans cette installation, met sa bouche correctement autour de la tétine et parvient à faire succion. Mme dit à Céline « c'est un champion ! » ce à quoi Céline répond « vous êtes une championne ! ».
            Julien : Mme J a 37 ans et est aussi primipare. Céline est présente pour le premier bain de Julien, il n'a qu'un jour de vie. Céline nous décrit Mme comme étant « poussiéreuse » et ayant des questions éducatives logorrhéiques. Elle nous explique que Mme semble avoir peur de son bébé, quand il bouge, Mme crie et fait un bond d'un mètre. Céline nous décrit un méli-mélo entre sa collègue et elle. Elles ne savent pas où se mettre ni comment s'organiser. Pendant ce temps, Julien se désorganise de plus en plus. Ça devient pire encore lorsque Mme le met dans l'eau. Céline vient alors se placer derrière Mme pour soutenir ses bras qui portent Julien. Elles font ainsi un bain à quatre mains. Julien s'apaise et finit même par s'endormir à la suite du bain. Dans ce premier temps de bain, l'idée est que la mère fasse sien cet autre, qu'elle l'éprouve dans un registre sensorimoteur.
Mme a un manque d'étayage maternel, sa mère est décrite comme froide et distante.
A J11, Céline revient pour un bain allongé. Elle chante, Julien se détend, sa maman peut dire qu'il a l'air bien et elle semble bercée elle aussi. Quelques jours plus tard, Céline apprend que suite à ce bain, Mme est allée chercher un livre de comptine à la bibliothèque de la maternité.

            L'objectif de ces accompagnements est de passer par le sensorimoteur pour atteindre l'infantile de la mère et arriver jusqu'au bébé. Cette triangulation est nécessaire pour que la mère reconnaisse l'enfant comme étant le sien.
Céline fait le parallèle entre sa pratique et le mythe du Minotaure. Celui-ci est issu d'un refus de son père (Minos) d'honorer une dette. Minos décide de refouler cette faute en enfermant le Minotaure dans un labyrinthe et en lui envoyant tous les ans des jeunes gens pour qu'il s'en nourrisse. Ariane aide Persée, envoyée pour affronter le Minotaure, en lui donnant une bobine de fil pour qu'il retrouve son chemin. Cette bobine serait la symbolisation de la mémoire et une aide psychique pour vaincre le monstre.

Céline termine sa présentation par un diaporama d'images de tableaux de femmes, mères et scènes de nourrissage ramenant la question dans la représentation artistique : la femme et la mère.

            Natacha ouvre la discussion en nous disant que l'image qui lui vient suite à cette présentation est celle de la « sage-femme ». Céline est un représentant maternel qui transmet et enveloppe, elle donne naissance à la mère, accouche ses pensées et ses émotions.
Odile a eu plein de pensées au cours de cette présentation, notamment que Céline nous avait beaucoup parlé des mamans et que l'on aurait presque pu oublier les bébés, elle a donc bien relevé le challenge que nous lui avions donné !
Emmanuelle explique qu'elle a apprécié que nous avancions petit à petit dans la recherche du bébé. Elle note la délicatesse de l'entrée en matière de Céline avant d'aller dans le lien corporel à la mère.

Odile se demande comment Céline relate ses observations à la mère, que lui dit-elle ? Céline a pour objectif le bébé, son développement psychomoteur mais pour tendre à ça, elle doit passer par le corps de la mère, sa mise en forme par les émotions transférentielles.

Dorothée nous parle ensuite des liens qu'elle a pu faire entre la présentation de Céline et un soin mère/enfant qu'elle accompagnait en balnéothérapie. Elle nous évoque un enfant autiste et sa mère à qui elle a proposé de bercer son enfant dans l'eau. La mère ne sachant pas bien comment s'y prendre, se tenait à distance et a eu besoin que Dorothée vienne se placer derrière elle pour la soutenir à porter son enfant. Céline nous explique que les mères qu'elle rencontre n'ont que peu éprouver le dialogue tonique avec leur propre mère et que l'éveil sensoriel au contact de leur bébé n'est alors pas toujours accessible d'emblée. Elles ont elles aussi parfois besoin de cet accompagnement « gigogne » pour y avoir accès.

Sabine revient sur le « vous êtes une championne » que Céline retourne à la maman quand elle s'émerveille des capacités de son bébé. Elle valorise ainsi la mère en appui sur les compétences de son enfant. Pour Céline c'est l'observation attentive, avec une certaine lenteur que génère l'observation selon E. Bick, qui permet la valorisation et l’emboîtement dans les accompagnements.

Lyla se questionne sur l'arrivée des mères dans ce service, qui les adresse ? Les mères sont adressées par l'obstétricien ou les sages-femmes qu'elles voient en consultation à l'HFME. Les pédopsychiatres voient les mères en consultations anté-natales. Céline, elle, arrive après la naissance et se fait porte-parole du bébé. Les plus âgés qu'elle rencontre ont une vingtaine de jour mais la moyenne est de 10-12 jours.

Mélanie évoque son expérience de stage en unité mère-bébé. Elle n'avait pas été accompagnée par une psychomotricienne et avait été confrontée à la violence dans le lien entre les mères et leurs bébés. Quelle suite est ici pensée ? Comment ça se passe quand l'accompagnement s'arrête ? Céline intervient dans le post-couche immédiat, les bébés ont parfois moins de 2h. Elle doit renoncer à travailler les interactions précoces en profondeur mais elle doit faire en sorte que la femme qu'elle accompagne se sente mère de CE bébé là. Elle sème quelque chose qui aura le temps de germer par la suite. Elle a aussi un temps de consultation une matinée par semaine pendant lequel elle reçoit, à distance, les mères, les parents et leur bébé. Elle peut les recevoir seule ou en co-consultation. Ces rencontres ont lieu 2 à 3 mois après le départ de la maternité mais il arrive que par la suite l'équipe pense à des orientations de soin.

Marie s'interroge sur la place des pères dans tout ça. Céline répond que pour faire un bébé il est nécessaire qu'il y ait un autre mais que la fonction paternelle n'est pas obligatoirement tenue par le père, l'homme. Céline voit souvent les femmes seules mais parfois il faut passer par le père pour accéder à la mère et avoir ensuite accès au bébé.

Lyla rebondit en expliquant que ce que Céline décrit du bain allongé est très féminin et se questionne sur le fait que les papas puissent s'y retrouver. Céline explique que dans cet accompagnement, les parents et les soignants sont plus dans l'observation que dans la transmission de savoir et dans la co-parentalité. Les parents peuvent s'émerveiller des compétences de leur enfant.

Natacha nous évoque par la suite le cas d'une patiente qu'elle rencontre au CMP adulte. C'est une femme qu'elle rencontre lorsqu'elle vient d'avoir son bébé. Ses deux enfants sont tous deux placés. La patiente explique que lorsqu'elle a accouché de sa deuxième fille, elle a eu la sensation de perdre également ses jambes. Elle fait l'hypothèse que cette femme a besoin de la rencontrer dans ces périodes là car elle a besoin de prendre appuis sur elle pour restaurer sa posture de femme, elle trouve en elle un double, du même qui peut l'étayer dans son féminin. Elle qui se « remplit » pour vivre son féminin, à travers ses grossesses, voit à chaque fois ses bébés placés. Céline parle de certaines patientes qui ont des référentiels féminins phalliques, des mères en position surmoïque, ce qui a pour conséquence un féminin exprimé sur un versant séducteur qui ne peut parfois pas laisser la place à un féminin maternel.

Mathieu reprend la question du double, lui rencontre énormément de papas au sein de son poste en CMP. Ce sont eux qui accompagnent leurs enfants à leurs séances et plus rarement les mamans.

            Ce café a été très riche en apports théoriques et cliniques mais aussi en échanges. Nous avons pu voir à quel point la question du féminin, de la maternité, de l'émergence de la relation a pu mettre au travail la pensée de chacun. Pour continuer dans notre réflexion, nous vous proposons de nous retrouver le 5 février 2019, toujours au café de la cloche mais en compagnie de Sabine FRITIS -ARCAYAS avec qui nous parlerons de sa clinique auprès de femmes en difficulté dans leur tentative de grossesse qui ne parviennent pas à faire des enfants.
           
            Nous vous souhaitons une très bonne fin d'année à toutes et tous et de bonnes fêtes. 
A très vite.

Pour l'ARRCP,
Natacha Vignon et Lison Gilardot